De retour à sa cabane, Étienne trouva un mot glissé sous sa porte. Il venait de Sophie, la postière : « Étienne, si tu passes par le village, viens me voir. »
Il descendit la montagne le lendemain, emmitouflé dans son manteau de laine. Le village, Saint-Martin-des-Monts, était un petit hameau de pierre et de bois, niché dans la vallée. Les habitants connaissaient tous Étienne, qu’ils surnommaient affectueusement « Le sauvage de la montagne ».
Sophie l’attendait devant la poste, un sourire timide aux lèvres : « J’ai un petit quelque chose pour toi. » dit-elle en lui tendant une boîte en carton. À l’intérieur, il y avait un vieux livre, une première édition de « La Montagne magique » de Thomas Mann, qu’Eugénie lui avait offert pour leur anniversaire de mariage et qu’il avait malencontreusement perdu.
Étienne sentit son cœur se serrer : « Je ne savais pas qu’il existait encore… » dit-il.
« Je l’ai trouvé chez un bouquiniste à Grenoble » expliqua Sophie. « Et je me suis dit que… ça te ferait plaisir »