Les premières lueurs de l’aube effleuraient à peine les crêtes dentelées des Alpes lorsque Étienne Marceau ouvrit les yeux.
Depuis dix ans, sa cabane en bois de mélèze, accrochée à flanc de montagne à 1.800 mètres d’altitude, était son royaume.
Ici, le temps s’étirait, indifférent aux agitations du monde en contrebas.
Les murs, usés par les hivers rigoureux, gardaient la chaleur des poêles à bois et l’odeur des herbes séchées suspendues aux poutres.